jeudi 10 février 2011

Le lobby conservateur catholique en France

Il est de bon ton chez certains adeptes de la laïcité à deux vitesses de critiquer les dérives de la religion musulmane, mais sans jamais user de la même raison vis-à-vis d'autres religions, notamment le catholicisme. Ces derniers vont vous dire que l'Eglise catholique "n'a plus beaucoup d'influence", "ne pèse plus très lourd dans nos pays sécularisés", et autres fausses vérités du même acabit. Ils ont évidemment et foncièrement tord. Le lobby catholique est extrêmement puissant dans pas mal de pays de tradition catholique, et la France, pays le plus laïque pourtant, semble être l'un des pays à le plus en pâtir.

Main dans la main avec les patrons les plus puissants et les plus riches de ce pays, il exerce de fortes pressions sur la politique et notamment sur de nombreux sujets comme la bioéthique, les droits des femmes et des homosexuels, mais aussi sur la politique économique du pays. La caisse enregistreuse et le goupillon, telle est la devise d'une église de plus en plus repliée sur ses valeurs conservatrices, qui s'allie avec de nombreuses personnalités ultra libérales comme Camdessus, ancien patron très catholique du FMI, qui a ravagé les pays d'Amérique Latine à coups de politiques ultra libérales, suçant le sang de ces pays déjà pauvres (ce qui entrainera la révolution d'Argentine). Viré de cet organisme, il est depuis devenu consultant financier de l’Etat du Vatican, et Nicolas Sarkozy lui avait confié en 2010 la présidence d’un groupe de travail pour la mise en place d'une règle d’interdiction des déficits publics...

Une alliance logique et qui démontre ô combien l'ultra libéralisme, dont l'essence même est de démanteler les institutions publiques et l'Etat-providence, est incompatible avec la laïcité, et au contraire très compatible avec les intégrismes. Un Etat faible renforce les intégrismes, qui font de la pauvreté leur lit, investissant les secteurs incombant à l'Etat social comme la sécurité sociale ou les hôpitaux (voire la situation en Egypte où les Frères Musulmans contrôlent bon nombres d'hôpitaux), remplaçant la solidarité nationale par la charité religieuse. Pire encore, l'Ecole publique laïque, censée éduquer les élèves afin de les élever vers une citoyenneté pleine et accomplie à l'aide de la raison, et dont l'objectif est de réunir les élèves au-delà de leurs différences à travers des valeurs universelles et leur pendant qu'est la laïcité, subit de plein fouet une telle libéralisation de l'économie : les écoles privées, depuis les lois Carl et Debray, n'ont cessé de rogner la part du budget alloué à l'éducation publique, et les écoles intégristes profitent de niches fiscales alloués par les gouvernements de droites qui se succèdent (voir à ce sujet l'enquête "A l'extrême droite du père" de l'émission "les infiltrés").

Ce texte, écrit par Jean-Moïse Braitberg et paru dans le magasine Franc Maçonnerie magazine de Janvier/Février 2011, met au grand jour le lobby catholique, son réseau et ses influences. A lire absolument:


Homoparentalité, mariage homosexuel, recherches sur les cellules souches, dons d'ovocytes, ouverture des magasins le dimanche, droit à mourir dans la dignité... A l'inverse du reste de l'Europe, la France demeure coincée à cause de ce blocage : l'influence considérable d'un lobby catholique ultra conservateur qui rêve de reconquérir les territoires perdus par la morale chrétienne.

9 novembre 2010. Alors que le gouvernement souhaite supprimer l’avantage fiscal jusque-là accordé aux couples mariés dans l’année, le député UMP de la Drôme Hervé Mariton suivi par une cinquantaine de parlementaires de droite, fait adopter par la commission des finances de l’assemblée nationale un amendement le rétablissant tout en instituant une discrimination entre couples mariés et couples pacsés. Tollé des associations homosexuelles, indignation modérée de la gauche, silence des obédiences maçonniques. Explication d’Hervé Mariton : «Je plaide pour une famille durable, alors qu’on parle beaucoup de développement durable. Le mariage est un encouragement à la solidité de la société». L’amendement sera finalement repoussé mais l’initiative  révèle l’influence d’un certain catholicisme français fort éloigné des valeurs laïques, rêvant de remettre en selle le vieil ordre moral papiste. Peu importe, dès lors, qu’Hervé Mariton soit juif par sa mère. Un mouton, même gris, a toute sa place sous la houlette du berger romain dès lors qu’il prétend remettre dans le droit chemin les brebis égarées dans la laïcité et le modernisme. Pour s’en convaincre, allons faire un tour sur le blog le Salon Beige qui a recueilli le 10 novembre 2010 une interview d’Hervé Mariton où il confirme les intentions morales de son amendement. Or Le salon Beige exprime les idées des catholiques intégristes qui se reconnaissent dans les idées du Front National. On y soutient Benoit XVI… et Bruno Golnisch contre Marine Le Pen considérée comme peu fiable sur les questions de morale. Histoire de donner le ton, certains blogueurs rappellent l’origine juive d’Hervé Mariton avec des commentaires comme « plus fourbe que lui cela n’existe pas ».

Des députés « pro famille »

Il n’empêche. Malgré ses origines « douteuses », Hervé Mariton et huit de ses collègues, sont classés par le Salon Beige parmi les parlementaires les plus « pro famille » -traduisez, les plus catholiques- de la législature. Pour en juger, les experts du Salon beige ont évaluées les prises de position de tous les parlementaires face à diverses propositions de lois, et notamment -les formulations sont celles du Salon Beige- les propositions visant :
- à autoriser l’adoption par des couples de même sexe (15 janvier 2008)
- à assouplir la loi imposant le lundi de Pentecôte travaillé (7 février2008)
- à légaliser l’euthanasie  (7 mai 2008)
- à interdire la reconnaissance des diplômes universitaires catholiques (15 juillet 2009)
- à faciliter la conservation de cellules souches du cordon ombilical (5 novembre 2009)
- à garantir le droit à l’objection de conscience à l’avortement (27novembre 2009).
- à étendre le mariage aux couples de même sexe (26 novembre 2009)
- à faciliter l’accès des associations familiales à la télévision (21décembre 2009)
- la loi affaiblissant le principe du repos dominical (15 juillet 2009)
En tête du top cinquante des députés « pro famille » on compte Christian Vanneste (Nord), Christian Ménard (Finistère), Jacques Rémiller (Isère), Véronique Besse (Vendée), Etienne Pinte (Yvelines), Dominique Souchet (Vendée), François Xavier Villain (Nord), Jean Ueberschlag (Alsace).
Moins bien notés, une trentaine de députés de droite reçoivent tout de même les mentions bien ou assez bien. Plusieurs de ces députés sont signataires de la charte de la droite populaire. Elle rassemble des parlementaires à l’extrême droite de l’UMP, qui ont notamment approuvé les mesures xénophobes récemment adoptées par la Suisse.
Au final, ce palmarès dessine pour l’essentiel les contours d’une France plutôt rurale, peu touchée par l’immigration récente et d’avantage attachée à conserver un mode de vie traditionnel qu’à rechercher le changement social ou sociétal.

Une volonté de reconquête

Si ce n’était qu’un avatar de plus du vieux conflit entre l’ordre et le changement... Mais il s’agit ici d’autre chose. Car ce qui est en jeu, c’est moins le souhait de conserver que la volonté de reconquérir. La reconquête de la France à laquelle s’est attelée le lobby catholique s’inscrit dans le mouvement de « Nouvelle évangélisation » amorcé par Jean-Paul II dans les années quatre-vingt-dix. Face à la perte d’influence de l’église dans les pays développés, le pape polonais, et avec lui un courant important de l’église, considéra qu’il était temps de corriger les « excès de Vatican II ». Pour cela, il fallait reconquérir l’espace perdu en s’appuyant sur le dynamisme de mouvements conservateurs, structurés, offensifs, aux méthodes proches de celles des évangélistes américains. « Le matérialisme et la société de consommation ont fait dériver le bonheur vers la jouissance immédiate » Ces propos aux relents pétainistes résument la philosophie des Légionnaires du Christ, un mouvement de nouvelle évangélisation qui anime en France le site www.catholique.org supervisé par l’ancien porte-parole de l’épiscopat français et évêque de Gap, Mgr Di falco.
Reposant sur l’engagement des laïcs au sein de l’église, les Légionnaires du Christ placent les questions de bioéthique, la morale sexuelle et les valeurs conservatrices dites « familiales » au cœur de leur démarche de reconquête. Et qu’importe si le Vatican dut se résoudre en mai 2010 à dénoncer comme imposteur Marcial Maciel, le prêtre mexicain fondateur du mouvement, auteur d'innombrables abus sexuels sur de jeunes garçons et père de trois enfants avec deux femmes différentes…

De puissants appuis

Parmi les laïcs engagés dans la nouvelle évangélisation, on trouve quelques grosses pointures comme Claude Bébéar, proche des Légionnaires du Christ et de l'Opus Dei. Le fondateur et ancien patron d'Axa a créé l'Institut Montaigne, un Think Tank qui aborde tous les sujets de société. Dans son comité directeur on trouve l'ancienne ministre espagnole des affaires étrangères Ana Palacio qui présida en 2002 à Rome la délégation de son pays lors de la cérémonie de canonisation du fondateur de l'Opus Dei, Jose Maria Escriva de Balaguer. En 2007, Claude Bebear a cédé sa place au comte Jacques d'Armand de Chateauvieux. Issu d'une famille créole de la Réunion, le PDG du groupe Bourbon est à la tête de la 73ème fortune française. Il a présidé le conseil de surveillance d'Axa de 2008 à 2010 et revendique son appartenance à l'Opus Dei. Mais les voies du seigneur sont complexes : dans un rapport publié en octobre 2009 le très chrétien mouvement Pax Christi, a dénoncé Axa comme étant l'un des 5 premiers investisseurs mondiaux dans les entreprises fabriquant des armes à sous munitions destinées à mutiler des civils... Les mouvements de la « Nouvelle évangélisation » considérés parfois comme des repaires d'exaltés sont en fait, très bien structurés et recrutent, comme l'Opus Dei, au sein des élites du capitalisme. C'est particulièrement vrai pour le gruope de prière Semeurs d'Espérance, proche du Renouveau Charismatique, proche du Renouveau Charismatique créé par un consultant en Intelligence économique (ESL Networks) Romain-AllanDupré. On trouve dans ses rangs Henri de Castries, président du conseil d'administration d'Axa depuis avril 2010. Selon les principes sur lesquels se fonde Semeurs d'Espérance, Henri de Castries pratique « contemplation, compassion, évangélisation, formation, (...) pour rencontrer le Christ et en être témoin avec les pauvres ».

L'ancien président du FMI Michel Camdessus, catholique conservateur et ultra libéral en économie, est consultant financier auprès du Vatican où il est aussi membre de la commission Justice et Paix. Il est docteur honoris Causa de l'institut catholique de Paris. En novembre 2008 il était l'invité de Christine Boutin et du Parti des républicains sociaux au collège des Bernardins à Paris, un des hauts lieux du « dialogue intellectuel et spirituel » selon l'archevêché de Paris.

La caisse enregistreuse et le goupillon

L'époque veut que dans sa traditionnelle alliance avec les puissants, le goupillon ait délaissé le sabre pour la caisse enregistreuse. La grande distribution et l'agroalimentaire sont fort bien représentés dans les réseaux du lobby catho où l'on trouve non seulement Jean-Bernard Bonduelle, mais aussi Patrick Ricard (Pernod-Ricard) qui intervient aux forums d'Entrepreneurs et dirigeants Chrétiens. Christophe Mulliez, cousin du fondateur d'Auchan Gérard Mulliez, assumait, avant sa disparition en juin 2010 les fonctions parallèles de diacre à Issy-les-Moulineaux et de dirigeant de la chaine de supérettes Simply Market. Il avait créé avec son père le mouvement « Chemins d'Espérance » dans lequel « Hommes d'entreprise et hommes d'Eglise tracent ensemble des chemins d'espérance ». On ne saurait mieux dire...

De son côté, Michel-Edouard Leclerc est ancien élève du petit séminaire de Viry Chatillon. Dans une interview à Famille Chrétienne en décembre 2008, il s'est déclaré opposé à l'ouverture des commerces le dimanche. Si cette mesure peut être contestable sur le plan social, elle avait été l'occasion pour le lobby catho de s'engouffrer en 2008 dans un débat de société au nom du respect du « jour du seigneur ». Emmenés par l'ultra conservateur Marc Le Fur, une cinquantaine de députés avaient signé la pétition « Touche pas à mon dimanche ».

La famille Halley fondatrice du groupe Carrefour est quant à elle, actionnaire de la chaîne de télévision KTO, plutôt mal en point. Benoît Halley directeur de la stratégie financière du groupe est le gendre de Serge Dassault, très lié à Claude Bébéar autre actionnaire de la chaîne catholique. Le patron de Dassault Aviation, sénateur de l'Essonne, doyen du Sénat, dans une interview à Marianne en 2004, donnait sa vision de la laïcité: « Quand on vit dans un pays, il faut adopter sa religion. Dans un pays de tradition catholique comme la France, il faut être catholique ». A la mairie de Corbeil-Essonnes, où son élection a été invalidée, il s'est fait remplacer par Jean-Pierre Bechter, catholique traditionaliste de choc, directeur de la Socpresse, éditrice du Figaro.

De la politique aux medias

Un constat s'impose: le courant catholique « moderniste » ou « progressiste » qui se développa après Vatican II semble avoir disparu corps et biens. En tout cas, son influence est pour le moins diffuse en France. A l'inverse le catholicisme intransigeant dispose d'appuis considérables tant dans le monde politique, qu'économique ou médiatique. L'exemple le plus frappant nous est donné par le groupe Media Participation, propriétaire de l'hebdomadaire conservateur Famille Chrétien, troisième groupe éditorial français. L'entreprise est née, au début des années 1980, de participations conjointes des familles Montagne et Michelin au sein du groupe franco-belge Ampère créé par Rémy Montagne, personnalité catholique conservatrice, avocat, résistant, ancien député, secrétaire d'Etat de Raymond Barre. Rémy Montagne voulait créer un groupe de médias destiné à défendre la doctrine du cahtolicisme traditionnel sur la famille, l'école, l'éducation, la jeunesse. Son projet plaisait à Jean-Paul II qui se méfiait de l'indépendance d'esprit des groupes Bayard (La Croix) et Publications de la Vie Catholique (La Vie, Télérama, le Monde, Le Monde des religions). En décembre 1988, Media Participation fait sa plus grosse acquisition avec le rachat des éditions Dargaud, principale maison d'édition de bandes dessinées... Au début des années 1990, Axa entre au capital du groupe. A cet époque, l'avocat de Média Participation était le belge Jacques Jonet, membre de l'ordre belge des chevaliers du Rouvre, créé dans les années cinquante, dont chaque membre jure de « définitivement consacrer sa vie au combat pour l'Eglise, le Pays et la Chrétienté (...) pour l'extension ici-bas des frontières du Royaume de Dieu ». Aujourd'hui le groupe est dirigé par Vincent Montagne, le fils du fondateur. Ce catholique ultra conservateur entièrement acquis au pape Benoit XVI dirige son groupe dans un esprit de croisade dans la morale, la famille et les valeurs conservatrices. Le ton est donné par Famille Chrétienne. Parmi les collaborateurs (trices) de cette publication, on trouve Marie-Joëlle Guillaume. Cette journaliste intervient régulièrement sur le site de l'émission catholique Dieu Merci !, diffusée le vendredi sur la chaîne Direct 8 du groupe Bolloré. L'émission se caractérise par une option catholique résolument conservatrice, dans la droite ligne de la « reconquête ». Les liens proposés par les pages web de l'émission ernvoient aux sites de l'ultra droite Le Salon Beige et Liberté Politique. Autre parangon de vertu cahtolique, le fondateur de « Reporter Sans frontières » Robert Ménard est passé de la défense des droits de l'homme, à celle de la peine de mort, de la torture (dans certains cas, bien sûr), défend l'humoriste Dieudonné, a signé une pétition contre la loi Gayssot (loi du 13 juillet 1990, dont l'objet est de réprimer tout propos raciste, antisémite ou xénophobe et qui qualifie de délit la contestation de l'existence de crimes contre l'humanité), et s'est montré particulièrement agressif à l'encontre du Grand Maître du Grand Orient d e France, Guy Arcizet, dans une interview sur I Tele ou il anime un rendez-vous.

Mais il n'ya pas que des ultras dans la mouvance des médias cathos. Les Publications de la Vie catholique : Le Monde, La Vie, Télérama, offrent le visage d'une grande indépendance d'Esprit et témoignent d'une vision du monde fondée sur la responsabilité, le libre arbitre et l'humanisme. Il n'empêche, on ne les imagine pas s'opposer frontalement à l'église catholique ou au Vatican.

La réintégration des intégristes

Il serait bien évidemment absurde de reconstruire une théorie du complot à partir de l'observation du lobby catholique, comme le fait ce dernier à l'égard des francs-maçons. Se focaliser sur le discrète Opus Dei, notamment, dont l'influence en France est très réduite, c'est ne pas voir l'évidence d'un réseau qui agit, et c'est heureux dans un pays libre, en terrain découvert. Pour autant, ce n'est pas une raison pour en minimiser la dérive vers l'extrême-droite d'inspiration maurassienne. Réputé conservateur, le cardinal Joseph Ratzinger, futur Benoit XVI n'a jamais fait mystère de sa sympathie pour les catholiques respectueux de al tradition d'avant Vatican II. Ainsi, en 1990 il avait rédigé une préface remarquée pour le missel de l'ancien rite, édité par le monastère du Barroux, dans le Vaucluse, fief bénédictin de la branche intégriste d'extrême-droite demeurée fidèle au pape.

Jamais rompues, les relations entre le Vatican et la Fraternité St Pie X de Mgr Lefebvre ont abouti en juillet 2007 au motu proprio Summorum Pontificum, lettre par laquelle le pape Benoît XVI autorise la célébration du culte selon les rites d'avant Vatican II. Cette décision, très critiquée par les « progressistes de l'Eglise a abouti en 2009 à la levée de l'excommunication des 4 évêques dissidents, dont celle du successeur de Mgr Lefebvre, Bernard Fellay. La démarche eut pour effet immédiat de libérer la parole de l'évêque négationniste suédois Richard Wilkinson. Elle a abouti à ce que la limite soit de plus en plus floue entre cathos tradis et intégristes de choc. Le cas de l'abbé Philippe Laguérie est significatif. Ordonné prêtre le 29 juin 1979 par Mgr Lefebvre, il devient en 1984 curé de l'Eglise Saint Nicolas du Chardonnet à Paris. En 1998, il rejoint Bordeaux et obtient en 2002 du très catholique Alain Juppé, marié à une ancienne journaliste de La Croix, l'autorisation de dire la messe dans l'Eglise St-Eloi. Depuis il y célèbre chaque 23 juillet la mémoire de Philippe Pétain. En septembre 2006, ce prêtre intégriste est nommé par Benoit XVI supérieur de l'Institut du Bon Pasteur opportunément créé à bordeaux sous l'égide de l'archevêque de la ville, Mgr Ricard. C'était faire bonne mesure du passé sulfureux de ce curé qui, en 1987, après que Jean-Marie Le Pen a tenu ses fameux propos sur les chambres à gaz avait parle de « la grande banque juive qui tient la France en dictature depuis quarante-cinq ans » et pris la défense des négationnistes en déclarant que les thèses des professeurs Roques et Faurisson étaient « tout à fait scientifiques ». En 1996, il avait célébré les obsèques du milicien Paul Touvier et déclaré à cette occasion: « Devant le tribunal divin, il n'y a (...) pas de communistes, pas de franc-maçonnerie (...) ». En 2008, deux ans après sa réintégration officielle dans l'Eglise, il a baptisé la fille de l'humoriste Dieudonné, avec Jean-Marie Le Pen pour parrain... Perserverare diabolicum.

Que l'on n'en doute pas. Ce sont les valeurs d'une église conservatrice en repli sur son passé le plus noir et pas celles de l'Action des Chrétiens contre la Torture, du comité Catholique contre la faim ou des catholiques éclairés de la Fédération des réseaux des Parvis, que relaie le lobby catholique. Le résultat en est patent: sur le plan des moeurs et de la bioéthique, la France est aujourd'hui à la traîne de pays de tradition catholique comme l'Espagne, la Belgique et le Luxembourg. Cela tient à la puissance insoupçonnée du plus important groupe de pression au coeur de notre République."

1 commentaire:

  1. Vous confondez absolument tout.

    Qu'il y ait une majorité de catholiques parmi les puissants de France ne rend pas la catholicisme puissant en France.

    99% des curées en France sont payés moins que le SMIC, et sont essentiellement préoccupés par la question du financement de la réfection de la toiture de leur église. Et pour Monsieur et Madame Michu qui vont de temps en temps à la messe du dimanche, le fait d'être catholique n'offre pas le moindre avantage, ils n'ont pas d'aide au logement en plus ni de meilleurs emplois grâce à cela.
    Après, la France a une matrice historique culturelle catholique, qui peut être freine les débats sur l'euthanasie ou la bioéthique par exemple. Cela étant, même d'un point de vue laïc, ces questions n'ont rien de tranchées, on peut parfaitement être athée et hostile à l'euthanasie.

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