mardi 7 février 2012

L'ULB poignardée dans le dos

Ainsi soit-il. L'infâme a eu ce soir la parole, et c'est un torrent de fange qui en sortit, se déversant sur un public abasourdi. Ce soir devait avoir lieu une conférence au thème somme toute assez consensuelle : la fréquentabilité de l'extrême-droite. Pour en discuter, l'ULB fit appel à deux éminents penseurs, Hervé Hasquin, secrétaire perpétuel de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, et Caroline Fourest, journaliste et essayiste, auteure d'un livre sur Marine Le Pen. Tout était réuni pour qu'un débat raisonnable, sous les auspices des Lumières et du libre-examen, puisse se dérouler dans notre alma mater. Il n'en sera pas ainsi.

Un acte prémédité

En effet, à côté se préparait une riposte, une manifestation, sous la direction d'un chercheur de l'ULB Souhail Chichah, afin de protester contre la venue de Caroline Fourest. Rappelons quelques faits. Il y a plusieurs années, l'ULB prit une décision qui fit une énorme polémique au sein de l'ULB, ainsi qu'en-dehors: elle décida d'interdire la venue de Tariq Ramadan, un intellectuel et un prédicateur proche des Frères Musulmans, dont l'oeuvre complète a pour unique objectif de légitimer l'islamisme aux yeux des Occidentaux. Or, il se trouve que quelque temps après, l'ULB organisa une conférence avec pour oratrice Caroline Fourest. Ce jour-là, les partisans de ce premier, déployant une haine sans commune mesure envers cette dernière, mirent une pagaille folle dans l'auditoire, l'une d'entre eux allant jusqu'à tenter d'entarter l'invitée (1). Caroline Fourest continuera, ou du moins tentera de continuer courageusement son intervention, sous les huées et les applaudissements d'un auditoire fortement clivé.

Presque cinq ans plus tard, ce même mouvement refit exactement la même chose. Plusieurs jours auparavant en effet, un groupe facebook fit apparition sur ce réseau social dénommé "burqa pride". L'intention : défiler en burqa afin de protester contre la venue de Caroline Fourest. Enfin, c'est ce qui était prévu...

Un zoo folklorique

...mais bien évidemment, l'on ne pouvait pas s'attendre qu'à cela venant de la part d'un énergumène tel que Souhail Chichah. Cet hurluberlu, ce chercheur en foutaises, ce sourcier de pacotille qu'on ne serait pas surpris de voir en train de chercher de l'eau avec une baguette, a un passif auquel il fut fidèle ce soir. Après avoir ruiné de nombreuses conférences auparavant (2), c'est avec un plaisir qui s'apparente à celui du gamin détruisant un château de sable qu'il ficha la pagaille au sein de l'auditoire. Armé de sa bêtise légendaire et accompagné d'un troupeau d'abrutis finis, il fit son show et à sa grande joie mit un terme à la soirée.

Le mouvement en lui-même se mit en marche très doucement. Pendant que les deux intervenants discutaient paisiblement, une succession de sonneries s'enclenchèrent à intervalles irrégulières dans le public. On ne pourrait pas qualifier cela de concerto, mais les esprits éveillés comprirent probablement sur le moment que cela ne pouvait être que le signal d'alarme. La discussion continuait, quand soudainement l'on entendit des cris et des paroles de plus en plus fortes venant de certains bancs. Le modérateur Guy Haarscher appèlera alors au calme, et c'est là que le chant des baleines retentit dans la salle. Une horde de moutons, disséminée un peu partout dans la salle, bêlera à tue-tête "burqa bla bla burqa bla bla". Parmi les têtes vides qui récitaient leurs prières dévotement, l'on put apercevoir un personnage tel que Nordine Saïdi, antisémite notoire et partisan rabique de l'antisionisme soralien - comprenez donc antisémite - qui participa au parti nommé "Egalité", repère de militants perdus de la gauche pro-islamiste, et d'authentiques fanatiques religieux.

C'est ainsi qu'un florilège insupportable d'insultes sortit des trous qui font office de bouche à ces exaltés, nous permettant d'entendre distinctement des paroles homophobes, antisémites ("suppôt des juifs") ou misogynes, le triste sir en question (Chichah) allant même jusqu'à traiter Caroline Fourest de "pétasse" (sic).

Triste conclusion

C'est alors que vint à l'idée de Guy Haarscher de donner la parole au duce de la bande, le leader Souhail Chichah, espérant peut-être - qui sait? - dans un égarement naïf qu'en ressortirait une parole un peu plus sensée permettant un débat serein. Vaine espérance, car le fou furieux en profita alors pour renchérir et soulever ses partisans à coup de "burqa bla bla" et autres balivernes, tentant même à un moment d'insulter Caroline Fourest de raciste anti-arabe en prenant pour source un article du Wall Street journal où elle affirmait exactement le contraire !(3) Chafouins et illuminés, cette bande de petits fascistes en culotte courte s'est en tout cas montrée digne de leur idéologie : à vomir.

Souhail Chichah, qui n'en est pas à sa première, devrait demain faire la douloureuse rencontre avec le marteau disciplinaire de l'université. Ce personnage ne mérite pas mieux, quoi qu'on en dise, et l'université s'honorerait à mettre un terme aux agissements d'un de ses membres qui n'a cessé de la souiller, elle et ses principes, en l'envoyant chercher un job plutôt qu'on ne sait quelle invention délirante dans son pittoresque département de la "recherche en économie de la discrimination". Oui, osons-le : l'infâme a un nom! Et toi, Université Libre de Bruxelles, si tes initiales ont encore un sens, tu te dois de l'écraser sans pitié ! Pas de remords pour les fanatiques ! Et "pas de liberté pour les ennemis de la liberté" comme dirait l'autre !

(1) http://www.dailymotion.com/video/x1fzvg_caroline-fourest-presque-entartee
(2) Voir entre autre : http://laicard-belge.blogspot.com/2011/02/conference-sur-la-liberte-dexpression.html
(3) http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2005/11/30/367-tariq-ramadan-egal-a-lui-meme

4 commentaires:

  1. "Son auteur ne prétend en aucun cas à l'érudition savante." Merci de le préciser!

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  2. Trop facile cher ami, trop facile.
    Enfin, je pourrais poster un commentaire de fond sur votre "article", mais finalement, je pense, que ce dernier parle (négativement, j'entends bien) pour lui même.

    Pour votre amour propre, faites mieux la prochaine fois!

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    1. Cher ami, que voulez-vous, on fait avec les moyens du bord! Visiblement ma médiocrité suscite votre dédain, je courbe dès lors mon échine humblement et vous laisse passer, ô grand homme.

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