lundi 23 juillet 2012

Guy Debord sur la dissolution des liens sociaux

"Je pense que tu as noté un fait qui a été cité très vite, peu de jours après l'affrontement du pont de l'Alma. Les pompiers appelés à Montfermeil sous le prétexte d'un faux incendie sont en fait tombés dans un guet-apens, où on les attendait avec des pavés et des barres de fer. Nos vieilles chansons témoignent qu'il est après tout normal, quand on est trop dans le besoin, de "crever la panse et la sacoche" d'un contrôleur des omnibus. Mais attaquer des pompiers, cela ne s'est jamais fait quand Paris existait ; et je ne sais même pas si cela se fait à Washington ou à Moscou. C'est l'expression achevée, et pratique, de la dissolution de tous les liens sociaux" (Jean-François Martos, Correspondance avec Guy Debord, 1998, p.137). Cité dans "Le complexe d'Orphée" de Jean-Claude Michéa.

En lisant cela, on rira jaune des lubies sécuritaires de nos amis droitistes, les politicards à deux sous, les Hortefeux, les Valls, les Destexhe et toute la tribu des inébranlables cyniques qui d'un côté fustigent les "cailleras" et de l'autre soutiennent une vision de la société qui les reproduit et les renforce. Soutenir l'anthropologie libérale, avec sa culture de l'illimitation, sa politique atomisante et son économie de la jungle, tout en prétendant lutter contre l'insécurité, c'est au mieux faire preuve d'une ignorance crasse, au pire fabuler des foutaises politiciennes à l'aide d'une rhétorique roublarde et canaille.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire