dimanche 1 juillet 2012

Jacques Sapir chez - miracle! - Calvi. Où ce dernier fait preuve de son objectivité légendaire

Un jour où je zappais tranquillement les chaînes de la TV, je mis par inadvertance C dans l'air. Autour de la table, les habituels invités du banquet hebdomadaire : Dessertine & consorts (1). Pas de soucis, me disais-je, les moutons sont bien gardés, la maison n'a pas changé, je peux passer, rasséréné, la chaîne pour me préoccuper de choses plus utiles, comme le catch américain...

Et puis, brusque mouvement de caméra, une tête apparaît à l'écran dans une espèce de rayonnement lumineux indicible... La réalité semble avoir chuté dans un abime profond, inexplicable ! Le Créateur aurait-il décidé dans un implacable Jugement de bousculer l'Ordre cosmique, diviser la réalité par zéro, inverser la polarité du flux de neutron ? Serais-je tombé dans la quatrième dimension par on ne sait quelle bizarrerie postmoderne ?

Oui, bordel, oui !

Un économiste critique chez Calvi ! Et, comble du comble, nul autre que Jacques Sapir, ce gredin, loup solitaire dépravé de l'économie !

En un instant, la conversion fut soudaine et brutale, et je me retrouvai, le regard vide, à égrener instinctivement les perles de mon rosaire, marmonnant quelques prières au Bon Dieu en effectuant des mouvements de tête de bas en haut à la manière d'un oiseau buveur, espérant différer ainsi une fin du monde dont cet évènement ne pouvait être qu'un funeste présage.

Dieu seul sait ce qui aurait pu suivre une telle monstruosité !... Des critiques de l'euro ? De la zone euro ? De l'Union Européenne ?! Fi ! D'un mouvement de bras large et chevaleresque, je tentai de repousser tant bien que mal le démon comme repousserait le chaste prêtre une quelconque vision tentatrice, avec l'idée d'effectuer un douloureux mais noble labeur. Las ! Les provocations furent trop fortes, et je ne pus détourner mon regard d'un tel spectacle hallucinant... Un économiste critique ! Antilibéral ! Dans ma lucarne ! Chez Calvi ! L'émotion, indescriptible au demeurant, fut gorgée de secrétions d'hormones dont je ne soupçonnais pas jusqu'alors l'existence...

Encore aujourd'hui, je rédige avec difficulté, la main tremblante et le visage baveux, ce modeste compte-rendu. Le choc n'est pas encore passé, et la résilience n'a point encore opéré... J'en reste probablement à tout jamais défiguré.

Faites qu'une telle catastrophe cataclysmique ne se reproduise point, ô Doux Seigneur ! L'ordre des choses médiatiques s'en verrait troublé à jamais ! Il ne suffisait pas que notre bon et gras seigneur des débats publics se contentasse de réunir les éternels invités du rendez-vous télévisuel, encore eût-il fallu que nous ne doutassions point de leur représentativité totale et unique de l'Univers économiste !

(1) http://www.acrimed.org/article3666.html

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