lundi 2 juin 2014

Cette semaine dans Marianne : Tout changer !... pour que rien ne change

Saperlipopette, le national-populisme a encore frappé ! Heureusement que le brave reporter Jacques Julliard, dans son édito pour le dernier Marianne, est là pour le désigner de sa vindicte. « Le national-populisme, voilà l'ennemi ! », tel est le slogan scandé par ce soldat de l'an II( mille quatorze), bardé de toutes les médailles possibles de l'Ordre de la Bravoure eurolibérale.

Dans cet édito, on apprend avec intérêt que « les Français ne sont pas des Suédois ; ils ont le culte du chef », que le « Front de gauche des communistes et de Jean-Luc Mélenchon » est national-populiste, ou que Jean-Luc Mélenchon a pour responsabilité dans l'échec de son camp d'avoir « hystérisé et histrionisé son aversion maniaque pour François Hollande » (qui pourtant n'a aucune forme de soutien nulle part, à gauche, à droite ou ailleurs).

Mais le plus intéressant se situe dans cet enchainement somme toute burlesque de personnalités françaises qui seraient toutes, en tant qu'élites françaises, « pères » de cette Europe fantastique (et cependant moribonde depuis le glorieux Jacques Delors). Jugez sur pièce : « Jean Monnet, Robert Schuman, Charles de Gaulle, François Mitterrand ». Trouvez l'intrus ! Ou devrais-je dire « où est Charlie ? ». Ce dernier semble ainsi agiter nonchalamment son écharpe tant il est facilement repérable au sein de ce groupe caricaturalement européiste.

Ainsi, Schuman, l'auteur d'une déclaration éponyme de 1950 qui allait à l'encontre des visions gaullistes de l'Europe, côtoie son mentor Jean Monnet, dont le mépris pour le Grand Charles lui était admirablement retourné. A côté, un François Mitterrand, adversaire irréductible – pour de bonnes et de mauvaises raisons –, aurait dans l'historiographie julliardienne soutenu l'Europe de De Gaulle, alors qu'il a été depuis le tournant de 1983 de tous les coups fourrés de l'Europe ordolibérale, à visée fédérale et libre-échangiste – quand De Gaulle qualifiait ce laisser-fairisme de « chienlit ».

Décidément, les qualités indubitables d'intellectuel et d'historien (du syndicalisme révolutionnaire et de la gauche) de Jacques Julliard semblent s'arrêter là où commence son européisme délirant, béat, baba et bavant.

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